Lors du Dialogue de Haut Niveau sur l’Afforestation, la Biodiversité et la Finance Climatique, SEM Hervé NDOBA, le Ministre des Finances et du Budget de la République Centrafricaine a exposé l’architecture de la finance climat dans son pays. Ce cadre stratégique vise à mobiliser des ressources financières pour répondre aux défis climatiques et intégrer pleinement l’environnement dans le développement économique et social. Le financement de 10 millions de dollars récemment accordé par CAFI s’inscrit dans cette dynamique.
Des engagements internationaux comme fondation
La République Centrafricaine a ancré sa finance climat dans les engagements pris au niveau international, notamment la ratification de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique et la signature de l’Accord de Paris en 2016. Ces engagements ont été traduits en outils nationaux :
- La Contribution Déterminée au niveau National (CDN), qui fixe des objectifs ambitieux pour réduire les émissions et renforcer la résilience.
- Le Cadre National d’Investissement, qui identifie les priorités pour canaliser les financements vers des secteurs clés.
- La Lettre de Politique en matière d’Environnement, qui oriente les politiques climatiques vers une intégration dans la planification nationale.
« Notre ambition est claire : aligner nos engagements internationaux sur des actions concrètes, adaptées aux réalités et aux besoins de notre pays, » a déclaré le Ministre des Finances et du Budget.
Défis et solutions dans la finance climat
Le Ministre a également souligné les défis qui freinent la mise en œuvre de cette architecture :
- Une mobilisation insuffisante des ressources financières, qui limite l’accès aux fonds internationaux.
- Des capacités humaines réduites, freinant l’élaboration et la gestion des projets climatiques.
- Le manque d’implication du secteur privé, essentiel pour diversifier les sources de financement.
- Des besoins urgents en matière de gouvernance et de transparence pour garantir l’efficacité des investissements climatiques.
Pour surmonter ces obstacles, le gouvernement centrafricain met en avant des solutions, notamment le renforcement des capacités nationales, la promotion d’une gouvernance efficace et l’encouragement des investissements verts.
Le FONACAR : un outil national dimensionné sur les ambitions climatiques du gouvernement
Au cœur de cette architecture se trouve le Fonds National pour le Changement Climatique (FONACAR). Ce mécanisme vise à mobiliser 108,6 milliards de FCFA d’ici 2030 pour financer des projets liés à la transition bas-carbone et à la résilience climatique.
Le FONACAR joue un rôle central dans la canalisation des ressources internationales, notamment celles provenant de partenaires comme CAFI, et dans le financement de programmes locaux. Il garantit également une gestion transparente et efficace des fonds, répondant aux attentes des bailleurs et des communautés locales.
« Le FONACAR est conçu pour être un levier stratégique, alignant les priorités nationales sur les exigences internationales de transparence et d’efficacité, » a déclaré le Ministre.
Vers une finance climat inclusive à travers un projet pilote soutenu par CAFI
Au cours de son discours, M. Ndoba a mis en lumière l’importance du financement de 10 millions de dollars récemment accordé par l’Initiative pour les Forêts d’Afrique Centrale (CAFI). Ce fonds est destiné à un projet pilote dans la région de Bangui, identifié dans le Cadre National d’Investissement REDD+.
Ce projet repose sur trois axes principaux :
- Renforcement institutionnel, pour développer les capacités des acteurs locaux et nationaux.
- Aménagement des territoires, visant à concilier développement économique et préservation des ressources naturelles.
- Mise en œuvre des mesures REDD+, avec un accent sur les mécanismes de paiements pour services environnementaux, afin d’encourager la gestion durable des terres.
« Ce financement de CAFI n’est pas seulement une opportunité financière, mais une validation de notre vision stratégique. Il nous permettra de tester des solutions innovantes qui pourraient être reproduites à plus grande échelle, » a ajouté le Ministre Ndoba.
Le projet soutenu par CAFI représente un premier pas vers une mobilisation plus large des ressources pour la finance climat en République Centrafricaine. En intégrant le climat dans la planification nationale et en mettant en place des mécanismes de gouvernance transparents, le pays cherche à transformer ses défis en opportunités de développement durable.
Une ambition durable soutenue par la finance climat
En structurant sa finance climat autour du FONACAR, des outils nationaux et du soutien de partenaires comme CAFI, la République Centrafricaine s’engage sur une trajectoire ambitieuse. Avec un taux de déforestation limité à 0,29 % par an et une capacité de séquestration de carbone de 733 607 GgCO₂ d’ici à 2030, le pays dispose d’atouts uniques pour devenir un acteur régional majeur de la lutte contre le changement climatique.
Avec cette architecture de finance climat renforcée par le soutien de CAFI, la République Centrafricaine s’engage sur une trajectoire où environnement et développement économique avancent main dans la main. L’enjeu est désormais de mobiliser davantage de partenaires pour amplifier ces efforts et construire un avenir durable pour tous.
Le Dialogue de Haut Niveau a permis de réaffirmer la volonté du gouvernement centrafricain de placer la protection de l’environnement au cœur de ses priorités stratégiques. Grâce à des partenariats solides et à une vision claire, la République Centrafricaine entend démontrer qu’il est possible d’allier préservation de la biodiversité et développement durable.








